| | Adieu l'ami (Carnet de route) | |
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Jethunter Langue pendue

Inscrit le : 23 Oct 2004 Messages : 151 Localisation : Mulhouse
| Sujet: Adieu l'ami (Carnet de route) Mar 28 Juin à 22:28 | |
| 03 juin – 26 juin 2005. 3 longues semaines qui m’ont amené de l'Est au sud-est puis sud-ouest pour aboutir à Mont-de-Marsan. Dès le premier jour j’ai tenu un carnet de route, sachant où la route allait me mener. Je vous ferai grâce de le lire tant c’est long d’autant plus, voyage retour oblige, qu'il s’est arrêté le 22 au soir.
Seulement voilà, car il y a un voilà………
Lundi 27 juin 2005, 21h30.
Seul dans une chambre, un cercle officier quelque part en France. Rien de bien folichon à la télé pour se distraire, une chaleur orageuse étouffante. Je m’allonge et essaye de me détendre. Rapidement, les images se mettent à défiler et comme pour soulager mon âme la plume vient se glisser entre mes doigts pour parachever les quelques pages blanches, les plus belles, celles des dernières heures.
Jeudi 23 juin 2005, 12h30, Sanguinet (Landes).
L’heure est arrivée. Départ pour Mont-de-Marsan. Le jour J. Imperceptiblement, dès que je mets en route la voiture, une boule au creux du ventre grossit et devient vite oppressante. J’essaye de conduire plus lentement que la veille, me disant qu’inéluctablement cela retardera l’échéance. Pourtant, le temps s’accélère et les kilomètres défilent.
13h30. Arrivée à Mont-de-Marsan. Les derniers hectomètres reliant l’entrée de la base à celle de l’ERS me semble ne faire que quelques dizaines de mètres. Tout va déjà trop vite. La petite boule qui n’était que nodule est maintenant grosse comme un de pigeon, envahissante. L’accueil par mes 2 amis, Lolo et Natacha, aux pieds de Charlie Fox ne fera qu’amplifier le phénomène.
Pour nous détendre, nous essayons de faire le tour du statique. Impossible ! Inexorablement, nos pas nous ramènent vers les deux Charlie, Fox et Hotel.
L’heure avance, la chaleur est de plomb. Nos amis pompiers essayent bien de rafraîchir les 60° du tarmac, rien n’y fait, même après plusieurs passages ; comme si Dame nature voulait, elle aussi, dire non. J’entame alors un 360° sur l’horizon et n’y voit qu’une couleur uniforme : gris. Le gris de circonstance, celui de la tristesse et de l’amertume.
La cérémonie approche maintenant à grandes enjambées. Les premières sections se mettent en place, les autorités arrivent, premières notes de la musique militaire.
J’essaye de glaner quelques souvenirs, mais l’œil du photographe que je suis a de plus en plus de mal. Les muscles faciaux se raidissent, les décharges d’adrénaline se font plus fortes.
1ere Marseillaise : je me surprend à rectifier la position.
2eme Marseillaise : je suis maintenant au garde-à-vous. Normal, me direz-vous. Quoi de plus normal pour un militaire. Certes, sauf que j’ai laissé mes barrettes au vestiaire, arborant une tenue civile de circonstance : l’hommage de la nation, il le mérite aussi. Je suis là avant tout pour rendre hommage au bel oiseau et partager ces instants avec les amis, les vrais, ceux qui connaissent certaines valeurs dont nous reparlerons.
Garde-à-vous, disais-je donc. Tête haute, yeux fixes scrutant l’horizon pour essayer d’oublier l’instant, rentrer dans un monde intemporel où se mélangent les images des bons moments passés ensemble.
Seul le mouvement de bras de mon voisin, terminant son salut, me fera revenir à la réalité, oublier ces quelques secondes qui m’ont parues une éternité comme, lorsque croyant être arrivé au seuil de la vie les images se bousculent.
Remise de décorations. Un instant, nous oublions l’objet du rassemblement, une cérémonie banale en quelque sorte.
Mais point de répit, arrive le retrait du drapeau de la 19eme Escadre et du fanion du Gascogne.
Je ne contrôle plus. J’arrête la quête aux souvenirs et me laisse aller à profiter du moment. Mon regard est ailleurs, dans le vague, le néant.
Et puis soudain quelque chose d’impensable attire ma vision : une petit bout de ciel, bleu comme l’azur, déchire la couche. De petit éclat, très vite une énorme trouée de quelques nautiques de diamètre se dessine, comme si le ciel voulait faire une dernière offrande et ouvrir ses portes à Charlie Fox et tous ses copains d’armes.
Très vite, surgit de nulle part, blotti derrière sa nounou et entouré des fleurons de l’Armée de l’Air, il transperce le dispositif. 1,2,3 tours, je ne sais plus très bien. Il tournoie au dessus de nos têtes, beau, majestueux, nous disant « n’ayez crainte, je reviens une dernière fois vous saluer » avant de rejoindre le paradis, le panthéon des avions.
Attente interminable. Dernier posé de roues. Le portail de l’ERS est grand ouvert. Nous sommes là, la petite famille du IV, sur la ligne jaune d’habitude interdite. Plus majestueux que jamais, altier, il nous fait face. Il nous gratifie de quelques génuflexions en guise de révérence et de quelques coups de phare qui ressemblent étrangement à des larmes d’adieu.
Devant tant de grâce, la pression redescend laissant place à une sorte d’allégorie générale. Nous profitons à l’infini de ces instants magiques. La remontée au parking se joue en mode pianissimo, comme si l’équipage profitait une dernière fois de l’instant, respirant à pleins poumons la liesse populaire qui emplit le tarmac. A petits coups de manettes, il essaye d’offrir aux deux ATAR quelques respirations supplémentaires, comme pour leur dire, luttez, ne vous arrêtez pas les gars. Dernier virage. Face tribune. Enième et dernière respiration. Point final. Les 2 pistards préposés aux échelles ralentissent, imperceptiblement, le pas. Eux aussi ne veulent pas se résigner. Ouverture des verrières. Procédure.
C’est Fini.
Les autorités, le successeur du créateur, la presse militaire et aéronautique, et tout le petit microcosme des passionnés se précipitent, les flashs crépitent, derniers souvenirs.
Rideau.
La fête est finie. Sobre et digne. Pas de discours grandiloquents. Juste des regards absents, ailleurs, mécaniques (comme les poignées de mains d’ailleurs). Tout le monde se dirige maintenant vers les hangars pour le traditionnel vin d’honneur.
Tout le monde ? Presque. Je croise une première fois l’ami parmi les amis. Pas au mieux, je le laisse filer. Je ralentis le pas. Je suis maintenant à 200m de l’Avion, dans mes six heures. La respiration s’accélère, le souffle se fait court, les muscles se tendent jusqu’à former un rictus disgracieux. Les yeux piquent, à cause de la transpiration et du sel qu’elle génère.
Je me retourne une dernière fois. Il est là, seul, digne.
La couche se déchire, la lumière azurée revient peu à peu comme pour braquer ses projecteurs sur celui qui vient d’accéder au rang de mythe.
S’en est trop. Je m’accroupis, essaye de reprendre mon souffle mais l’étau oppressant ma poitrine se resserre ostensiblement, la douleur des yeux due à la transpiration se transforme en chaleur bienfaisante sous l’effet des larmes qui se mettent à inonder mon visage.
Adieu la pudeur, je reste de longues minutes prostré, accroupi, n’osant regarder derrière moi. Pourtant, mécaniquement, je trouve la force de me relever et ce qui n’était qu’un dernier mouvement de tête vers l’arrière se transforme en demi-tour. Je dois me rapprocher, profiter qu’il soit seul pour aller lui dire adieu.
D’un pas court et hésitant, j’entame la longue remontée du tarmac. Je profite de ces instants de solitude, laissant toujours perler ce liquide lacrymal qui a maintenant un goût de bonheur.
Soudain, surgit de nulle part, j’aperçois ce qui n’est encore qu’une ombre. Tel un signe du destin, nos chemins convergent. Absorbés par nos émotions, nos esprits qui divaguent à l’infini, nous ne nous reconnaissons qu’au moment où nous établissons le contact.
Comment dire l’indicible ?
En ne disant rien ou presque. D’ailleurs comment émettre un son tant nos gorges sont nouées, nos muscles tétanisés et nos visages ruisselants.
Dans un long râle qui ressemble plus à une plainte animale qu’à une invitation, je lui suggère de s’asseoir.
Comment dire l’indicible ?
Emotion n’est pas le mot approprié tellement, à cet instant, il est magnifié. Le temps s’arrête. Nous nous étreignons de longues minutes. Pas une parole. Juste des regards, de ceux qui vous font entrer en communion, en osmose, qui font que deux êtres comprennent les émotions les plus profondes de l’autre.
Comment dire l’indicible ? Juste comme cela
"Il est des moments, rares, dont on se souvient très longtemps dans une vie d'Homme. Je suis heureux, et surtout très ému d'avoir partager cet instant aux pieds de Charlie Fox avec toi. Ces instants où les yeux embués de larmes, sans une parole, d'un simple regard, on se comprend. Merci Natacha, tu seras, à tout jamais, ma "petite fiancée du Mirage IV". Bisous. Jet"

A Natacha, Lolo et Nico : Merci.
Philippe _________________ Et pendant que, de mon esprit silencieux mais pénétrant, j'arpentais les confins inviolés de l'espace, J'ai tendu la main et j'ai touché la face de Dieu.
John Gillepsie-Magee
Dernière édition par le Mar 2 Mai à 19:52, édité 3 fois |
|  | | F-THAV Langue pendue

Inscrit le : 20 Oct 2004 Messages : 478 Localisation : Biarritz
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Mar 28 Juin à 22:36 | |
| sans mot jet, sans mots......  _________________
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|  | | Jethunter Langue pendue

Inscrit le : 23 Oct 2004 Messages : 151 Localisation : Mulhouse
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Mar 28 Juin à 22:37 | |
| Les mots sont maintenant superflus sauf un : MERCI
Merci au Gascogne
Merci à tous les hommes et femmes de l'ombre (mécanos, pistards, photographes, interprêteurs, administratifs,....) sans qui aucune mission n'aurait été possible
Merci à tous les équipages
Merci à vous toutes et tous qui vous êtes investis de longues semaines pour que la fête soit belle
Merci à tous d'avoir été présents pour rendre un hommage appuyé et mérité au plus beau des avions
Et enfin, un merci très, très spécial à 2 personnes :
CNE Laurent BERGES dit "Lolo" et Nicolas AUTIER dit "Nico".
Nos contacts sont épisodiques et pourtant j'ai l'impression de vous connaitre depuis toujours. Je tiens à dire ici ce que j'ai déjà dit à vos épouses, amis, collègues, commandant d'escadron,.... : vous êtes des hommes d'exception, grands parmi les seigneurs, ceux pour qui le mot "humanité" a encore une signification, ceux dont on se souvient longtemps.
Nos routes, les vôtres aussi, se séparent désormais mais nul doute qu'elle finiront un jour par converger pour se retrouver et évoquer les bons moments.
N'oubliez pas aussi, que désormais vous êtes dépositaires de ces qualités qu'ont su vous inculquer les anciens et que, dans vos nouvelles fonctions, votre souci sera de les transmettre aux plus jeunes.
Du fond du coeur : MERCI, tout simplement. _________________ Et pendant que, de mon esprit silencieux mais pénétrant, j'arpentais les confins inviolés de l'espace, J'ai tendu la main et j'ai touché la face de Dieu.
John Gillepsie-Magee
Dernière édition par le Mar 28 Juin à 22:57, édité 1 fois |
|  | | Jethunter Langue pendue

Inscrit le : 23 Oct 2004 Messages : 151 Localisation : Mulhouse
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Mar 28 Juin à 22:55 | |
| J+2 L'histoire n'est pas finie
2 jours ont passé et le trop plein d'émotions n'est toujours pas évacué. Ma remontée vers l'Est de la France a été un long calvaire émotionnel. Au volant, les images défilent, au ralenti, les yeux se font humides, le coeur s'accélère. Pause répétée pour respirer. Pas beau à voir de l'extérieur (je passerai presque pour un névrosé) mais beau de l'intérieur car seule la vérité du coeur est belle.
J+3 Enfin à la maison! Je ne peux m'empêcher de me connecter.
Surprise, les amis sont sur MSN. Bien vite je me rends compte qu'eux aussi ont du mal à reprendre le dessus. Le vendredi a été bien triste au Gascogne. Plutôt que de dire des banalités, je préfère les laisser à leurs familles.
J+4 Lundi 27, 14h45
En route pour ce que l'on appelle une "mission" dans le jargon, le téléphone gsm sonne. Immédiatement, même aux travers des sanglots, je reconnais la voix étranglée de la "petite fiancée du Mirage IV".
Les 2 hommes d'exceptions ont encore frappé, une enième fois je m'arrête sur une aire d'autoroute pour respirer.
J'en profite pour les appeler, les "Ops" sont toujours actifs. Je ne trouve pas, plus les mots, me confonds en remerciements, la voie serrée.
L'Histoire, Notre Histoire, continue : ce n'est qu'un au revoir! ................... _________________ Et pendant que, de mon esprit silencieux mais pénétrant, j'arpentais les confins inviolés de l'espace, J'ai tendu la main et j'ai touché la face de Dieu.
John Gillepsie-Magee |
|  | | Jethunter Langue pendue

Inscrit le : 23 Oct 2004 Messages : 151 Localisation : Mulhouse
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Jeu 30 Juin à 19:43 | |
| J+7 : fini le blues? pas sûr!
Encore un gros coup de blues, ce matin.
Un moment où l'on sait avec certitude que l'Homme est bon
09h51 : Au bureau, le GSM sonne. Machinalement, je me dis "tiens encore un copain qui appelle pour savoir si les vacances ont été bonnes".
Tout aussi machinalement, je décroche et, tout à coup, j'entends "Jet?" Mon sang ne fait qu'un tour, la gorge se noue, la voix s'étrangle "Lolo?"
Au pied de l'échelle, pour le dernier voyage du dernier Mirage IV à destination du Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, Lolo, en train de gagner la cellule "Nav", m'appelle pour me dire " Ce vol, je voulais t'y associer, je devais t'appeler". Dur de contenir l'émotion, même au bureau.
Plus tôt dans ce fil j'ai écrit :
vous êtes des hommes d'exception, grands parmi les seigneurs, ceux pour qui le mot "humanité" a encore une signification, ceux dont on se souvient longtemps
Cela prend ici tout sa splendeur, et en simple ami je voudrai te dire Lolo "Merci MONSIEUR".
10h31 : nouveau coup de fil, mais celui là je l'attends : Natacha, au coin de LA butte, tout l'ERS derrière elle.
Je vis en direct et par GSM le dernier envol du "Concorde militaire". Décollage direction "plein butte", Natacha est sereine, plus que moi.
Quelques minutes plus tard, deuxième passage pour saluer une dernière FOIS toute la famille, je m'y crois, je suis avec eux. La tension est trop forte, Natacha me rejoint dans l'émotion.
Nous raccrochons et les premiers mots qui me viennent, que je sussure comme s'il pouvait les entendre :
"Lolo, de la haut, sâches que l'on pense à toi (et Chacha) très fort. Profites, fait toi éclater la rétine et les tympans, enmagasine et au dernier vent arrière, laisse aller les émotions, lâches toi, ça vaut le coup"
Peu après midi, un copain présent sur place m'envoie un SMS :
"12h04, CI se met à terre une dernière fois. A bientôt l'ami".
Je regarde le ciel, bleu, silencieux. Plus jamais, nous le regarderons de la même manière.
Une page se tourne, mon carnet de route se termine. Sachez néanmoins qu'il reste des pages blanches, pour faire vivre le rêve et que si certains, membres de l'ERS ou simple amis du IV, veulent y glisser quelques mots, ils seront les bienvenus.
MERCI.
Plus jamais le ciel n'aura la même saveur. Seuls les ami(e)s et les souvenirs resteront. _________________ Et pendant que, de mon esprit silencieux mais pénétrant, j'arpentais les confins inviolés de l'espace, J'ai tendu la main et j'ai touché la face de Dieu.
John Gillepsie-Magee |
|  | | Julien Bavard
Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 28 Localisation : Poitiers
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Jeu 30 Juin à 19:59 | |
| Que dire de plus ...
Chapeau Messieurs !
Et surtout : MERCI
Merci de nous avoir fait rêver avec votre beau Delta bisonique Merci à tous : pilotes, mécanos, "bureaucrates", photographes, conteurs, ... Merci pour votre Passion Merci de votre Gentillesse Merci de votre Humanité Merci pour tout, tout simplement Merci ...
Fly safe ! _________________ Julien |
|  | | bob Langue pendue

Inscrit le : 22 Oct 2004 Messages : 72 Localisation : dijon
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Jeu 30 Juin à 21:26 | |
| pourquoi est-ce que j'ai la sale impression d'avoir vécu a peu pres la meme chose, avec mon pétard en plastique, perdu au milieu des hommes et femmes en chemise blanche et plastron qui tient chaud au cou....???
pourquoi cette boule au fond de la gorge , a larrivée du 59, au milieu d'autres qui ressentaient la meme chose et qui n'osaient comme moi dire 1 mot ????
une histoire avec un grand h, de l'aeronautique francaise s'est arretée ce jour a 12h10, comme beaucoup d'autres , d'ailleurs avant cce jour,mais c'est tres dur de s'en détacher, quand meme......................m...e !!!!!
la faute a qui ? a quoi ?
^les réponses sont trop nombreuses et chacun trouvera la sienne qui lui correspond le mieux. . . . . . .
PS : j'oubliais, merci au patron pour le passage avec le 59 a MERIGNAC, c'etait vraiment sympa d'avoir consommé 1 peu de pétrole pour le plaisir de nos yeux...  |
|  | | Papyricard

Inscrit le : 21 Oct 2004 Messages : 92 Localisation : Mont de Marsan
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Jeu 30 Juin à 23:36 | |
| Ce jour n'a pas était très heureux.
L'émotion au moment du dernier décollage a été intense;ne pas mettre le casque anti-bruit pour entendre son dernier rugissement. va-t'il faire un passage puis un autre?
2 seront effectués avec comme adieu une cabriole digne de la PAF applaudie par le maigre public présent.
Les sentiments se mêlent, rester sur la butte à scuter le ciel; il va revenir ,c'est pas possible autrement!!
Non, redescendre après avoir vainement tenter de consoler Chouchi, et là toute la misère du monde; un parking vide et qui le restera! Verser sa petite larme car Chouchi sait communiquer ses sentiments et rentrer la tête basse en pensant à tous les moments intenses que j'ai pu vivre dans cet escadron.
La fin d'une histoire, le début d'une légende!!
Se séparer de cette famille, car c'en est une même si certains on ne les a pas choisi, mais pour d'autres ils auraient partie du choix de quelque manière que ce soit!
Terminer la vie de cet escadron va être encore plus dur maintenant que nos murs sont envahis par d'autres unités de la base!
Adieu le plus bel appareil photo du monde!!  |
|  | | -Sh@rki- Langue pendue

Inscrit le : 29 Juin 2005 Messages : 75
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Ven 1 Juil à 23:22 | |
| Je crois que tout a été dit ... Pour moi le moment le plus intense a été quand mon papa a laissé un petit mots à son CH ...c'est la première fois que je voyais cet homme dont je suis si fier si triste....c'est la première fois que je le voyais verser des larmes pour moi ce fut le moment le plus dure à voir, de ma part le bel oiseau faisait un peu partie de la famille.Cela va peut etre vous paraitre absurde mais en écrivant ces quelques mots les larmes coulent en repensant à ces moments là... Je crois que ces moments sont rares dans une vie mais se sont les plus fort je tiens a remercier mon papa dont je suis si fier !et qui m'a tant donner durant ce 29 et 30 juin en mamenant a l'escadron 01/091 ou j'ai put faire mon aurevoir au Mirage 4p. Jeudi 30juin2005 vers 8h30 Mon papa me dit bon on y va, alors chouchi, mon papa et mois sommes partis au hangar où était stocké "son" avion le Charlie Hotel en arrivant là les mécanos commencaient à préparer l'avion pour son dernier envol et la mon papa prit l'échelle et fit à Natacha et moi allez enfilez vos combinaisons et monter Natacha me fit toi d'abord après avoir insister j'ai grimpé l'échelle et je me suis installer à la place que je vénère tant la place du navigateur et après quelque photos mon papa enleva l'échelle et un mécanos me fit "ferme la verriere"et là la joie fut au maximum quand l'avion comença à avancer certe se n'était que la petite remorque qui tractait CH mais le fait de voir le paysage bouger a bord d'un Mirage 4 ce fut pour moi un moment unique je ne sais trouver les mots pour décrire cela... Mais je tiens encore a remercier mon papa pour ce moment si fort ! Je crois que comme le dit papyricard ici une famille se sépare et quand le Commandant Pintat levat son verre avec toutes les personnes restantes a l'ERS et que tous le monde fit la même chose avec tant d'émotion c'est là que j'ai réalisé a quel point une histoire unique se termine... Deux mots pour le Mirage4 et le personnel entier de l'ERS 01/091 MERCIpour m'avoir fait rêver et AUREVOIRvous resterez à jamais graver dans ma mémoire ! |
|  | | Jethunter Langue pendue

Inscrit le : 23 Oct 2004 Messages : 151 Localisation : Mulhouse
| Sujet: Re: Adieu l'ami (Carnet de route) Lun 18 Juil à 19:52 | |
| 18 juillet : triste journée, Bravo Zoulou a été convoyé vers sa dernière demeure.
Seul, sur un camion, sans témoin ou presque, comme s'il était atteint d'une maladie honteuse. Imaginez : partir en pleine gloire avec un tel potentiel.
Non, rien n'aura été normal avec ce géant de fer. Ni sa gestation(rapide et décidée par la volonté d'un seul homme), ni sa vie longtemps secrète mais au combien efficace, ni sa fin trop brusque et en trompe l'oeil, pas même l'hommage des autorités (militaires ou civiles), tout juste celle d'un chef de Grand Commandement. Triste fin, vous avez dit?
Aujourd'hui reste l'émotion, et le souvenir de moments très forts, et des amis, à jamais, avec qui j'ai partagé des instants d'intense intimité.
Non décidément, le ciel n'a plus la même saveur. _________________ Et pendant que, de mon esprit silencieux mais pénétrant, j'arpentais les confins inviolés de l'espace, J'ai tendu la main et j'ai touché la face de Dieu.
John Gillepsie-Magee |
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